Maury Vera Languedoc Roussillon

Le terroir de Fenouillèdes, il l’aime tant.

De Latour-de-France à Caudiès, en passant par Cassagne, Caramany ou bien Rasiguères, Maury et Saint-Paul-de-Fenouillet, que de terres encore sauvages, que d’espaces protégées semblent être encore à l’abri de l’industrialisation galopante et des dortoirs de banlieue. C’est une terre de courage qui donnent vie à un vignoble exigeant et qui récompensera celui ou celle qui saura avec ténacité et persévérance l’apprivoiser.

Il faut imaginer le vent froid de la Tramontane, l’hiver, qui glace tout de son souffle endurant.

Il faut imaginer les brûlures du soleil, l’été, qui fait éclater les pierres les plus dures.

Il faut suivre Jean-louis Vera sur les traces de ces pierres millénaires qui se sont formées au rythme des explosions solaires et des nuits de pleine lumière pour imaginer cela.

Des pierres comme autant de berceaux de la vie, accueillant dans leur entrelacement les racines de la vigne, la plante d’un Dieu qui a voulu qu’elle soit liane du diable et ivresse de la foi.

À chacun de nos pas, des pierres roulent dégageant des arômes de miel et de cistes.

Une alchimie bien particulière se déroule là. Une alchimie que le regard du profane ne peut comprendre d’un seul trait.

Une géologie singulière.

Du coup, le vin d’ici, est paradoxal, puissant et fragile à la fois.

Puissant en excès, fragile de ces manques.

Sous cette terre minérale, astringente, l’eau est partout. Collez votre oreille au roc minéral, et vous allez l’entendre gronder dans les tripailles de galeries souterraines. Là, des torrents se font rivières qui apparaissent parfois et disparaissent souvent, selon le bon vouloir de leurs cours. Les meilleurs spécialistes s’y sont même perdus. Magique. Certains le pensent.

Une nature difficile à domestiquer tant ses richesses sont même invisibles à l’oiseau dans le ciel.

Seuls, les ceps de la vigne savent plonger leurs racines dans les failles minérales du synclinal à la recherche de la matière et de la vie.

Imaginez mais n’espérez pas trop que le vent se taise. Demandez-lui humblement un répit ! Soufflez-lui votre espérance !

Il saura écouter votre prière et se taire mais pas très longtemps. Avec lui, le froid sera plus froid. Le sec plus sec. De lui naît le bleu du ciel. Et les rides de l’homme. Il est histoire et vie.

Alors, il ne faut pas tenter d’apprendre à lui résister, il faut juste lui faire confiance, profiter de ses cadeaux et aller dans son sens. Le laisser faire. Comme le souffle de l’empathie fait homme. Comme l’inspiration crée la vie. Comme l’expiration est émotion. « Cardiaques, abstenez-vous à gravir les marches de Quéribus ! » Le conseil est même mentionné au bas du sentier. C’est dire !

« Autre et autrement ». Ces mots ne sont pas de lui. Non pas qu’il n’en serait pas capable. Juste trop timide. Avec trop de forces qu’il serait impuissant devant cette impétueuse générosité.

« Autre et autrement », pourtant le caractérise si bien… qu’il en a fait des vins d’exception, généreux et fidèles.

Sans concession.